La SFMR et l’OPPBTP réalisent une étude métier pour faire progresser les conditions de travail des artisans applicateurs de sols coulés

Le Syndicat professionnel des métiers de la résine (SFMR) et l’Organisme professionnel de prévention  du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) ont signé le 24 mai 2017 une convention de partenariat pour la réalisation d’une étude métier sur l’activité d’application de résine. Celle-ci permettra, à partir de mesures toxicologiques et d’informations quantitatives et qualitatives recueillies sur le terrain, de dégager des pistes de progrès pour la profession.

Améliorer les conditions de travail des professionnels de la résine grâce à des observations sur le terrain

Suite à la présentation des conclusions d’une étude exploratoire d’ergo toxicologie menée sur un chantier d’application de résine en 2015, le SFMR a souhaité réaliser une étude complète avec l’OPPBTP afin d’analyser les conditions de travail représentatives de l’activité d’application de résine, de mettre en évidence les risques liés au métier puis d’améliorer les conditions de travail.

L’OPPBTP conduit ces études métiers dans le cadre de son plan d’actions Horizon 2020 et du programme prioritaire n°3 « Améliorer les conditions de travail ». Celles-ci permettent de faire progresser les conditions de travail en associant au maximum les parties prenantes et en portant un regard réaliste sur les situations de travail effectives.

Ainsi, des études ont déjà été réalisées avec Entreprises Générales de France du BTP (EGF.BTP) sur le métier de coffreurs bancheurs, avec le Syndicat National des Entreprises de Démolition (SNED) sur le curage des bâtiments, et avec la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE) sur le métier d’étancheur. Cette dernière a engendré la mise au point d’un nouveau chalumeau et de rouleaux de 25 kg, plus faciles à manipuler et réduisant les troubles musculosquelettiques pour les artisans. Pour chaque étude, l’OPPBTP fait appel au soutien de services de santé au travail, comme l’APST-BTP-RP en  Ile-de-France,  Pôle Santé Travail dans les Hauts-de-France, l’AHI33 en Aquitaine ou encore le SISTBTP de Franche-Comté.

Analyse des risques chimiques à toutes les étapes du process d’application de la résine avec 3 entreprises volontaires

Afin de dresser un état des lieux précis et complet, de nombreuses mesures toxicologiques vont être effectuées à toutes les étapes du process d’application de la résine durant huit mois. L’analyse concernera l’application de systèmes de revêtements en résine époxy auto lissants multicouches, la résine de synthèse la plus couramment utilisée par les professionnels.

Cette étude, réalisée à partir de la Méthode d’Analyse et d’Evaluation des Conditions de Travail (MAECT) et élaborée par l’OPPBTP, a pour but de :

  • Faire un état des lieux des conditions d’exposition aux risques grâce à des observations et de nombreuses mesures de toxicologie et d’ergotoxicologie menées sur le terrain,
  • Dégager des pistes de progrès en y associant les formulateurs des systèmes, les fabricants de matériels et matériaux,
  • Impliquer les salariés en les faisant devenir acteurs en matière de sécurité/prévention, notamment dans la recherche de pistes d’actions,  
  • Compléter l’évaluation des risques à l’aide de situations de travail réelles,
  • Engager les entrepreneurs et les parties prenantes dans une dynamique de prévention des risques par des informations adaptées à la mise en œuvre de plan d’actions.

Le président du Syndicat Français des Métiers de la Résine (SFMR), Christophe Martz, se félicite du lancement de cette Etude Métier que le syndicat prépare avec l’OPPBTP depuis une année. « Ses résultats pourront bouleverser les pratiques de la profession. Aujourd’hui, nous ne sommes même pas capables d’en deviner toutes les perspectives d’actions futures. Une chose est certaine, c’est un levier puissant pour faire évoluer le métier de l’intérieur, au rythme de chacun, de donner des outils et des voies de progression aux entreprises applicatrices de sols coulés ».

MAECT : une méthode standardisée

Les  études métier reposent  sur  une méthodologie  d’intervention standardisée  dénommée

« Méthode d’Analyse et d’Evaluation des Conditions de Travail » (MAECT). Sa polyvalence lui permet d’aborder les différents métiers du BTP. Elle comprend deux phases principales. Une première tournée vers l’observation et l’analyse d’une situation de référence, préalablement déterminée avec l’organisation professionnelle, qui conduit à la proposition d’un plan d’action représentatif. Une deuxième dans le cadre de la  commission d’amélioration des conditions de travail que cette même organisation professionnelle met en œuvre afin de développer les actions recommandées.